Voilà...le dernier article!! Après ce périple de 7 mois à travers toute (ou presque) l'Amérique du Sud, je suis de retour dans ma chère petite ville de Genève et je repense à tout ce que j'ai vécu. Ouffffff ça en fait des choses. Ça a été un voyage très fort.
Du fait que je parte seule, et c’est vraiment ce que je recherchais, j’ai dû me confronter, faire face à des situations que je n’attendais pas. Durant ces 7 mois, je me suis organisée et j’ai pris moi-même toutes les décisions qui me semblaient les meilleures pour la réussite de ce voyage. Bon exercice ! En partant seule, je cherchais à rencontrer de nouvelles personnes avant tout et à pratiquer mon espagnol, langue que j’aime énormément. J’avais envie d’être libre à 100%. Si je désirais rester dans un endroit qui me plaisais, je restais. Si j’avais envie de suivre telle ou telle personne, je la suivais. Ma liberté m’est quelque chose de très cher. En y réfléchissant, je me suis peut-être lancée un défi « Vas-y, pars et vois ce que tu peux en retirer ! » De retour à la maison, le bilan ne peut être que positif ! Je me considère comme très chanceuse car rien, absolument rien de négatif ne m’est arrivé. Je ne me suis jamais fait voler, attaquer ou quoi que ce soit. J’ai rencontré, je ne dirai pas beaucoup, mais il n’était pas rare du tout de croiser des personnes qui s’étaient faites voler leurs sacs dans un bus, dévaliser aux bancomates ou alors, le plus souvent en Colombie, se retrouver avec un couteau sous la gorge si elles ne donnaient pas leur argent. Maintenant c’est certain, ces pays sont plus pauvres que les pays où nous vivons et un touriste se doit d’être discret. Il ne faut pas montrer ses valeurs et s’habiller simplement. Un touriste se fait déjà remarquer à des kilomètres par toutes les différences qu’il présente face aux locaux, donc mieux vaut ne pas en rajouter et essayer de se fondre dans la masse. Nous, les touristes, nous sommes normalement bien plus grands avec une peau plus claire. Bon…ne parlons pas des blondes aux yeux bleus…qui comme moi, ne font pas Boliviens pour un sou J (quoique qu’on pourrait être Brésilien mais du Sud !J). Notre façon de nous habiller est aussi différente. Même à Buenos Aires, où les gens ont l’air beaucoup plus européens avec un style vestimentaire que l’on peut retrouver en Espagne, nous touristes, sommes habillés de manière trop relax. Je parle principalement pour moi mais la plupart des travellers le sont aussi…tongs, pantalon large, petit top tâché et qui n’a plus de forme car il a été lavé trop souvent !! C’est drôle car en partant, j’avais même la certitude de revenir avec un appareil photo ou une caméra vidéo en moins. Eh non !! Bon, il faut aussi que j’avoue que j’ai été toujours très attentive à mes affaires. Malheureusement dans certaines situations, ça ne suffit pas et c’est vraiment la malchance. Je pense à ce petit couple de Tchèques que j’ai rencontré en Bolivie. Ils avaient mis toutes leurs valeurs dans un coffre dans leur hôtel à Caracas pour aller faire une excursion. Au retour….mauvaise surprise plus rien...passeports, cartes de crédit, ….tout était loin ! Ça, c’est le genre de situation difficile à encaisser quand on est seul. Mais on en apprend beaucoup d’après moi. Il faut relativiser et rester calme et positif. Pas facile facile. Malgré toute cette liste de mésaventures que je viens de vous citer, je trouve qu’on a beaucoup trop d’à priori et de clichés sur cette région du monde. Des jugements formés à l’avance et qui ne s’appuient pas forcément sur la réalité. Oui, l’Amérique du Sud peut être dangereuse mais il est aussi possible d’y voyager, et j'en suis un exemple parlant, sans que rien n’arrive. Souvent on parle de ce continent avec une telle gravité. Ce sont des êtres humains et pas des barbares. Pour prendre l’exemple de la Colombie, qu’ici on diabolise, c’est le pays préféré de la plupart des voyageurs que j’ai rencontrés qui avaient parcouru toute l’Amérique du Sud. Il paraît que les gens y sont adorables et les paysages grandioses. Si on vit dans la peur, on ne fait plus rien et on ne sort plus de chez soi. J’ai donc préféré partir à l’aventure (car en effet, je n’avais pas préparé grand-chose) en étant certaine que j’allais rencontrer de magnifiques personnes J
De ce voyage, j’ai tiré de nombreuses leçons. J’ai énormément appris sur moi. Sur ma façon d’être, de me comporter avec les autres, de réagir. Je me suis comme auto-analysée. En voyage, comme on est loin de tous ses repères, on ressent très vite ce qui nous touche, nous fait peur, nous énerve. Je me suis posée beaucoup de questions par rapport à mon avenir et j’ai fait plusieurs rencontres qui m’ont vraiment aidées à savoir ce que je voulais faire, qui m’ont confirmé la direction que je prenais ou d’autres qui m’ont au contraire, un peu chamboulé et fait réfléchir « Qu’est-ce que tu veux vraiment être dans ta vie ? Qu’est-ce que tu veux vraiment faire ? » J’ai aussi découvert un continent entier. Des paysages d’une beauté et d'une variété époustouflantes. Des pays avec des montagnes, de la forêt vierge, des plages sublimes, des déserts, des lacs, des volcans, … J’ai été impressionnée par la beauté de notre monde. De découvrir de nouvelles cultures, rites, façons de vivre, de penser, de manger,… a été très enrichissant. Ma route a croisé des personnes incroyables. Qui ne te connaissent ni d’Eve, ni d’Adam mais qui décident de t’aider. Ce que j’ai aimé par-dessus tout dans ce voyage, c’est l’inattendu. Le bonheur de rencontrer quelqu’un par hasard (il n’y a pas de hasard…) dans la rue avec qui tu vas finalement passer la journée, la semaine ou entreprendre un bout du périple.
Une question qui revient tout le temps : « Alors…quel est le pays que tu as préféré ? » Désolé pour ceux qui connaissent la réponse, je vais me répéter. C’est évident, que j’ai adoré tous les pays que j’ai visités mais certains m’ont plus marqué que d’autres. La Bolivie a été pour moi une destination toute particulière. J’ai vraiment adoré car c’est un pays qui est pour moi plus « authentique » car il est moins touristique. Il y a toujours les petites mémés en habits traditionnels, pas de centres commerciaux modernes mais beaucoup de marchés. Tout y est désorganisé. C’est la pagaille ! Les routes sont une horreur. La plupart du temps, ce ne sont même pas des routes mais des chemins de terre et de pierres. Une crevaison par trajet…c’est à prévoir. En Bolivie, la seule façon d’apprécier d’y voyager, c’est d’avoir le temps. J’ai vraiment adoré car rien n’est organisé et je crois que c’est ce que je recherchais au plus profond de moi. Ici, tout est parfaitement organisé, clair et précis et je l'apprécie énormément car j’y vis. Je ne pourrais jamais vivre en Bolivie. Mais y passer quasi 2 mois…a été un pur bonheur. De la Bolivie, je suis passée à l’Argentine où tout est beaucoup plus ressemblant à l’Europe. Il y a une information touristique avec listes des prix, cartes,… la Bolivie me manquait! Le Brésil est un pays aussi avec une importance toute particulière à mes yeux car je ne sais pas pourquoi mais ce pays me fascine. Je trouve qu'il émane des gens une telle énergie positive. C’est très différent de la Bolivie où l'on aurait plutôt tendance à faire un retour sur soi. Le pays est pauvre, on pense à des choses plus profondes et pas vraiment à faire la fête. Alors qu’au Brésil, c’est juste PROFITE DE LA VIE ET SOIS HEUREUX ! C’est une grosse généralité que je fais là, car la situation dans les grandes villes (et pas seulement dans ces mégalopoles) est catastrophique. Des petits enfants de 4 ans dans la rue à mendier. Mais j’ai l’impression que les gens sont emplis de soleil et malgré toutes ces difficultés quotidiennes...ils sourient ! Et ça…c’est magique !
Beaucoup de personnes ont été impressionnés par le fait que je sois « si » jeune et que je sois déjà en chemin, voyageant à travers ce continent. Surtout les petites mamitas peruanas, bolivianas, chilenas,… pour qui il est juste impensable que leur fille parte voyager comme ça. C’est évidemment une question de budget mais en outre, ce n’est pas dans les mœurs. Une jeune de fille de 20 ans là-bas, n’a pas les mêmes libertés que l’on peut avoir ici. On me demandait souvent « Sola ?? Pero que valiente. Y no tienes miedo ??? » « Seule ?? Mais quel courage. Et tu n’as pas peur ?? » Ce qui est paradoxal, car non, je n’avais absolument pas peur, heureusement d’ailleurs car d’après moi une personne qui a peur, premièrement se gâche son voyage, et deuxièmement se referme sur elle-même, se méfie de tout ce qui va lui apporter des problèmes. En étant ouvert et souriant, on émet des ondes positives qui nous ramènent au final le positif que l’on donne. Ces locaux avaient bien plus peur de voyager dans leur propre pays que moi, une petite blondinette de Suisse.
Des tonnes et de tonnes d’anecdotes me sont arrivées et je ne pourrai pas tout vous raconter. J’ai dû faire un peu plus de 400 heures dans les transports publics durant mes 7 mois, j’ai attrapé des poux que j’ai traîné pendant un mois et demi (ouf je m’en suis débarrassé en Bolivie !), je n’ai eu qu’un seul faux billet (en Argentine) que j’ai réussi à refiler, j’ai rencontré des personnes d’Israël, d’Australie, des Pays-Bas, des USA, d’Allemagne, d’Angleterre, de Belgique, de Suisse, des Français, Espagnols, Italiens, Japonais, Mexicains, Suédois, Colombiens,… de tout !! J J’ai évidemment beaucoup progressé en espagnol. Je comprenais tout et j’ai amélioré ma fluidité.
J’ai fait une petite liste des highlights de mon voyage. Les choses qui m’ont tout particulièrement plues et que je n’oublierai jamais. Le travail dans les garderies en Equateur en est une, les îles Galapagos, Iquitos, Cuzco et son entourage, le Macchu Picchu, Rurrenabaque…l’aventure dans la jungle bolivienne, Samaipata et donner des cours d’anglais à des petits Boliviens, le Salar d’Uyuni, les chutes d’Iguazu, Torre del Paine et le glacier Perito Moreno tout au sud du continent, l’île de Pâques bien évidemment, le Cabo Polonio en Uruguay et le carnaval de Rio.
C’est fou car en regardant mes photos avec du recul, je me rends compte que du fait de voyager pendant si longtemps, de bouger sans arrêt et découvrir des merveilles de la nature tous les jours, il m’était impossible d’apprécier à sa juste valeur tout ce que je voyais. Mon échelle d’appréciation s’était un peu modifiée. Je prends l’exemple du nord de l’Argentine. Je me souviens que sur place, j’avais trouvé les paysages jolis mais je n’étais pas restée totalement stupéfaite devant. Je suis sûre que si j’étais partie de Suisse et m’étais rendue directement au nord de l’Argentine, j’aurais été éblouie et fascinée par ces paysages. Il se passe la même chose actuellement en regardant mes photos avec plus de distance. Certains endroits qui ne figurent par exemple, pas dans mes Highlights, me semblent juste merveilleux.
Une autre question qui revient très souvent fait référence à mon retour. « Alors ce retour, comment est-ce que tu l’as vécu ? Ça va, pas trop dur ?!?! » Je ne sais pas si les gens s’attendaient à ce que je déprime fortement et que j’aie le blues (il est vrai que beaucoup de mes connaissances qui sont rentrées d’un long séjour en Amérique Latine, où il y a vraiment une grande joie de vivre, qui se retrouvent un peu abattues et déprimées à leur retour) mais non, mon retour s’est très bien passé. Après 7 mois en voyage, on se rend mieux compte de tous les bons côtés et des avantages qu’offre la maison. On a le temps d’y penser et de le remarquer. Je n’étais pas vraiment en manque de confort mais le fait de rester installée plus d’une semaine ne me plaisait pas. Je me réjouissais plus que tout, de revoir ma famille, mon petit neveu, Mateo, qui allait fêter dans les mois qui suivaient, son tout premier anniversaire. J’étais vraiment contente de revoir ma famille et mes amis. Je n’ai pas du tout eu de coup de blues. J’ai très vite repris mes activités… parfois, je me dis, un peu trop vite peut-être...Je n’ai pas eu de problèmes d’adaptation. Ma vie en rentrant, où rien n’était défini, certain, je ne savais pas exactement ce que j’allais faire, ce que j’allais étudier, où j’allais étudier. Tout ça était aussi bien excitant. Ma vie continuait…différemment, mais elle continuait. Tout était possible. J’étais ouverte à tout.
Voilà, cette fois-ci, c’est bien la fin de mes aventures. Je voudrais remercier toutes les personnes qui ont cru en moi, m’ont fait confiance et m’ont soutenue ainsi que celles qui m’ont suivi tout au long de ce voyage. Merci du fond du coeur et j’espère retrouver mes lecteurs pour d’autres aventures…il y a encore tellement de choses que j’ai envie de découvrir et de vous faire partager. Mais pour l’instant, après deux trois petits voyages sages cet été en Europe, je reprends les études…eh oui, il le faut bien. C’est parti pour 3 ans d’études de communication à Lugano. Trois années qui s’annoncent bien sympathiques également ! See you ! A bientôt !

9-16 février Ive et moi au parc